W-Festival - Ground Nero
Ground Nero

Ground Nero

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L’année prochaine, et ce n’est plus si loin que ça, Gand accueillera le 20 janvier la première édition du Winterfest. Outre The Alarm de l’ex-membre de Kraftwerk Wolfgang Flür, vous pourrez y découvrir toute une série de groupes gothiques. Un des meilleurs vient de notre pays et même (ça alors) du Limbourg : Ground Nero.

Vous êtes du Limbourg et je pense que je dois avoir posé la question à tous les groupes limbourgeois mais comment expliquez-vous que cette province belge semble le berceau par excellence de la musique mélancolique.
C’est de là que vient notre seconde référence : la terre noire, où nous avons grandi, et qui nous  a façonnés dans “nos” années ‘80 et qui, à l’instar du “gloomy Manchester” de l’époque, n’avait que peu d’opportunités d’emploi et d’optimisme à offrir. Le terreau idéal pour la cold wave et la dark wave, que nous considérons aujourd’hui encore comme notre essence.

Je dis mélancolique mais est-ce aussi ce que vous pensez ?
Oui mais il y a une deuxième dimension, à savoir le réconfort, car c’est ce que nous avons trouvé dans la musique à l’époque. Et c’est ce que nous voulons offrir aujourd’hui à travers nos morceaux à notre public, aux gens qui  vivent des moments difficiles, quels qu’ils soient.

Si je ne me trompe pas, Ground Nero existe depuis 2015. Vous avez fait pas mal de chemin en si peu de temps et presqu’entièrement par vous-mêmes. Le dur labeur, ça paie ?
Oui, nous travaillons dur. Mais comme c’est notre passion, on ne peut pas vraiment parler de labeur. Nous avons sorti le premier EP le plus rapidement possible pour tester sur scène si notre travail passe bien. Les résultats ont dépassé nos espérances.

Appelons un chat un chat : la presse ne fait pas de cadeaux aux groupes qui choisissent la scène dark. Cela vous irrite ou au contraire, cela vous rend plus forts ?
Nous savions que nous serions dans une niche mais, à nos yeux en tout cas, la bonne. Une scène de véritables amateurs de musique, qui soutient encore ses groupes, qui achète leurs disques et leurs CD et qui va à leurs concerts, même en plus petites quantités. La qualité plutôt que la quantité. Cela vaut aussi pour la presse. En tant que journaliste, si vous vous limitez à ce qui passe chez Carrefour, vous cloisonnez votre horizon et cela en dit long sur vous en tant que journaliste. Et effectivement, vous ne risquez pas de nous entendre sur les radios mainstream de Belgique. Essayez plutôt les stations alternatives dans le monde entier. Et c'est là que sont nos fans.

À la sortie de votre EP, il a été très particulièrement bien accueilli à l’étranger. Je parie que vous  ne vous y attendiez pas. Comment ça passe pour Ground Nero à l’étranger ?
On ne s’y attendait pas, c’est vrai, mais nous avons délibérément sorti cet EP le plus vite possible pour le tester sur scène, partout dans le monde. Et effectivement, nous avons eu énormément de réactions positives et il passe beaucoup sur plusieurs radios alternatives connues. Cela nous a motivés à poursuivre sur notre lancée. Nous avons désormais une bonne fan base dans plusieurs pays européens et non-européens et nous espérons encore l’agrandir avec nos prochaines sorties.

Vos références sont clairement teintées eighties. Quelles sont vos influences majeures ?
Oui, c’est vrai et c’est aussi, comme je le disais, notre essence. Nos grandes influences : Joy Division, New Order, Killing Joke, X-Mal Deutschland, Cocteau Twins, Siouxsie, Sisters of Mercy, The Chameleons, ….

Dans vos textes, vous n’êtes pas avares en sujets complexes. Est-ce autobiographique et est-ce que mettre ces problèmes en musique apporte un peu d’aide, je veux dire la musique a-t-elle un effet libérateur ?
Oui, ce sont des sujets que chacun peut rencontrer dans sa vie personnelle et certains textes sont en partie autobiographiques, tirés de notre vie. Nous écrivons tous les trois pour le groupe, chacun avec sa propre expérience mais avec l’objectif, comme je le disais tout à l’heure, d’offrir une caisse de résonnance ou un peu de réconfort aux “âmes tourmentées”.

Certains vous accuseront sans doute de broyer du noir, d’où ma question : ce morne monde a-t-il encore un avenir ?
Dans “nos” années ’80, tous les ingrédients étaient déjà réunis pour donner naissance à la cold wave. Aujourd’hui, c’est encore pire. Le monde est capitalisé à mort. Les gens sont des esclaves salariés obsédés par le luxe et la “compassion”, l’empathie est en train de disparaître. Il y a eu une époque “Je pense, donc je suis”. Maintenant, c’est “J’achète, donc je suis”.

Les fans voudront certainement savoir où en sont les nouvelles sorties. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, les titres de notre nouvel EP sont prêts depuis un petit temps déjà, mais nous travaillons encore sur la production. C’est le deuxième, c’est normal d’être un peu plus critique. Nous pensons aussi à un album complet, mais c’est pour plus tard.

Vous allez bientôt vous produire au Winterfest, j’imagine que vous avez hâte d’y être ?
Oui, en effet, car nous y attendons un public plus large, et donc plus diversifié. Nous allons jouer plusieurs de nos nouveaux titres, un avant-goût de notre nouvel EP.

Expliquez-nous pourquoi les personnes qui ne vous connaissent pas devraient venir voir Ground Nero.

Je vais vous  donner la réaction d’un fan autrichien, qui résume assez bien le tout : “I really thought that after my old Fields of the Nephilim or old Sisters of Mercy there is nothing coming anymore – but you are really playing this old school sound I enjoyed so much when I was young. I grew up with bands like Love Like Blood which I also liked very much. But you are simply great!

Y a-t-il des artistes que tu ne veux absolument pas manquer au Winterfest ?
Absolument, surtout Frank TB & Baustein (Wouter est un bon ami à nous) et aussi Your Life On Hold et d’autres collègues, bien sûr, dont quelques-uns que nous avons déjà vus ou avec qui nous avons partagé la scène.

Si tu devais choisir : sexe, drogue ou rock ’n roll? 
Rock ’n Roll !

Quel est ton album favori de tous les temps et pourquoi ?
Unknown Pleasures, l’œuvre ultime du groupe ultime.

Avec qui aimerais-tu passer huit heures dans un ascenseur et que ferais-tu ?
Pour le guitariste : Geordie de Killing Joke. Pour  parler avec lui de son son de guitare unique et de tout ce qui s’est passé sur la scène pendant toutes ces années. Comment il a vécu tout ça car c’est un  des rares qui est encore au top de la scène actuellement. Pour notre chanteur: Mark Burgess de The Chameleons (Vox maintenant).

Interview by Didier Becu - Luminous Dash

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