HerrNia

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HerrNia est un nouveau projet de la région gantoise qui a déployé ses ailes (comment pourrait-il en   être autrement) chez Wool-E Tapes. Bientôt (le 20 janvier, si vous voulez la date exacte), Jonas présentera son groupe sur la scène du Winterfest. À Gand. Mais d’abord quelques questions!

Ta musique est indéniablement inspirée des années ’80. Que signifie cette période pour toi, musicalement parlant ?
Je suis né en 1982, donc je n’ai pas consciemment vécu les années ’80. Pourtant, je me souviens de ce que j’ai pensé quand j’ai entendu Fad Gadget pour la première fois : “Allez,  c’est du punk avec des synthétiseurs !”. La ‘transition’ vers la new wave s’est fait de manière logique pour moi et j’ai commencé à m’y plonger. Je ne veux pas passe rpour quelqu’un qui n’écoute que de la new wave, quand on sort ensemble avec toute la clique, nous allons voir des concerts très différents, qui vont  du jazz au hardcore et tout ce qu’il y a entre les deux… Mais bon, on est là pour parler des années ’80, hein (rire). Cette musique a une émotion/ambiance qui me parle.

Jusqu’à présent, tu n’as rien sorti mais ça va prochainement changer ?
En effet, ça fait 5 ou 6 ans que je fais ma propre musique, j’ai délibérément attendu longtemps avant de la partager parce que je trouve qu’on trouve trop de trucs assez moyens en ligne. Et ça n’a pas manqué pour moi non plus : les premiers morceaux “que je trouvais tellement bons à l’époque” se sont révélés par après des enchaînements chaotiques sans queue ni tête. Ce n’est qu’après plusieurs années à bidouiller que j’ai réussi à faire quelque chose qui ressemblait à un morceau. Je me suis peut-être compliqué la vie parce que je voulais que le texte chanté ait un certain message, c’est quelque chose qui me tenait et qui me tient toujours à cœur. Ce n’est que l’année dernière que j’ai  entamé le volet play&produce au Vooruit à Gand. J’ai fait écouter mes morceaux à des gens qui s’y connaissent, tu étais d’ailleurs parmi eux (Didier) et le feedback que j’ai reçu était plutôt positif. Cela m’a donné envie de les partager davantage et de continuer la musique, donc “un grand merci Didier !”.

Nous avons compris que Wool-E Tapes va jouer un rôle. Comment es-tu arrivé chez Dimitri ?
C’est une histoire amusante, je suis allé acheter un disque chez Dimitri et dans la conversation, le fait que je fais moi aussi de la musique dans la mouvance New Wave/Electropunk est venu sur le tapis. On a même parlé de mon nom sur Soundcloud : HerrNia. Une bonne semaine plus tard, j’ai reçu un message via Soundcloud (je n’avais pas encore Facebook) me disant qu’il trouvait ma musique meilleure à chaque écoute. Il disait qu’il y avait matière à faire une démo et si je continuais comme ça aussi un CD.  J’en ai eu la chair de poule. Aujourd’hui, je le connais un peu mieux et je peux dire sans passer pour un lèche-botte que c’est vraiment quelqu’un de très sympathique ! Il y a quelques  temps, j'ai été voir Ho99o9 avec lui au Botanique, un excellent concert et pour moi, le trajet aller-retour a aussi été très agréable, on a beaucoup parlé musique. Je n’ai pas énormément d’expérience des ‘patrons de label’ mais je pense qu’il est important d’avoir un bon feeling avec cette personne et je l’ai!

Comme dit la chanson, les rêves sont trompeurs. Mais quand je t’écoute, je pense que tu  as de vraies aspirations pour HerrNia, non ?

D’abord, interdiction de dire du mal de Marco ! (non, je rigole) Ça peut paraître banal mais je suis quelqu’un de très terre à terre. Evidemment, j’adorerais vivre de ma musique et partir en tournée mondiale (ET COMMENT) mais ça ne me dérange pas de devoir travailler ‘dur’ pour gagner ma vie. Si  j’aimerais un jour remplir l’AB ? Bien sûr mais… je  garde les pieds sur terre !

Quand on choisit les années ’80, on choisit automatiquement l’approche DIY. À quel point est-ce important pour toi ?
J’aime beaucoup faire de la musique dans mon coin avec les effets que j’ai choisi. Je ne m’attarde pas vraiment sur le côté ‘home made’ pour être honnête. Pour moi, il est simplement important de tout faire soi-même, sans samples, avec ma voix et les sons que je choisis sur mon synthétiseur et qui  donnent à ma musique sa touche particulière, car cela fait partie de mon ressenti.

Qu’est-ce qui fait une chanson réussie pour toi ?
Si je peux traduire en notes (ou même une seule note) le sentiment de ce moment précis ou recréer cette atmosphère, alors c’est déjà gagné en partie et si tout se passe bien, l’auditeur ressent aussi ce sentiment ou cette atmosphère. Et même si tu  ne comprends pas la moitié de ce que je dis/chante (au cas où, les textes se trouvent sur Bandcamp et une chaîne Youtube avec les textes est en préparation), la musique doit pouvoir parler d’elle-même, n’est-ce pas ? Donc ne t’inquiète pas si tu ne comprends pas du tout (rire). Ça marche aussi dans l’autre sens, évidemment, peu importe le genre musical. Quand un morceau fait naître une certaine émotion chez moi ou me remue, il est réussi.

Les eighties et le côté ténébreux vont souvent de pair. C’est ton aussi ton cas, ou cette noirceur est-elle plutôt synonyme d’espoir pour toi ?
Le côté sombre de cette musique m’attire mais dans l’ensemble, je suis quelqu’un de plutôt positif. Je ne m’étendrai pas sur mes périodes plus sombres ca chacun a sa croix à porter mais cela joue sûrement un rôle dans mon attrait pour cette musique.

Que penses-tu des nouveaux artistes qui se lancent dans les années ’80, je veux dire il n’y a pas ce côté nostalgie pour le public, mais tu utilises des sons nostalgiques pour tes propres créations, non ?
J’ai commencé avec des sons qui me plaisaient et ça s’est avéré sonner plutôt eighties. Ce que je pense des nouveaux artistes qui jouent la carte des années ’80 ? C’est chouette ! Ils (nous) font (re)vivre le genre, je pense.

Bien sûr, ta participation au Winterfest signifie beaucoup. Peux-tu nous en parler un peu plus ?
C’est la  première fois que je joue dans une aussi grande salle et je suis honoré de faire “la première  partie” de noms comme The Breath of Life, Simi Nah, The Alarm et Wolfgang Flür. Je suis un peu stressé (mais du bon stress!) et j’ai hâte ! Vous voulez en savoir plus ? Alors, il faut venir me voir (rire)

Quels concerts vas-tu aller voir au Winterfest ?
Luminance, Echo West, Doganov, et les grandes stars évidemment. Presque tout, en fait. Je trouve l’affiche excellente, notamment parce qu’elle laisse énormément de place aux artistes belges.

C’est un peu cliché mais… quels sont très projets ?
Je n’ai pas vraiment de projets et je n’en fais pas énormément non plus au quotidien, je continue à faire de la musique et je ne peux qu’espérer en vivre un  jour. Entretemps, mon seul projet est d’être le plus heureux possible dans la vie. 

Sexe, drogue ou rock ’n roll?
Pour le sexe, j’ai le même ‘problème’ que pour la musique, il faut que ça soit sincère. Et comme pour la musique, ce n’est apparemment pas facile à trouver de nos jours. Les drogues, ça fait un moment que j’ai arrêté et le rock ’n roll n’est jamais vraiment passé de mode, donc, euhm… Rock ’n roll !!

Quel est ton album favori de tous les temps et pourquoi ?
De tous les temps ? Je peux en citer plusieurs ? The Animals, The Doors, Johnny Cash, David Bowie, Front 242, Fad Gadget, Nitzer Ebb, Joy Division, Armand (et pas seulement pour Ben Ik Te Min“, RIP) Jack White, Perfume Genius, Band of Gesaffelstein, Schwefelgelb, Popsiminova, Ambidextrous, 3-1, Aux Raus, Karin Park, Kids on TV, The Chemical Brothers, Daft Punk, Praga Khan, Chicks on Speed, T.Raumschmiere……. Non, je n’arrive pas à choisir !

Avec qui aimerais-tu passer huit heures dans un ascenseur et que ferais-tu ?
Avec ma musique, car alors je serais un artiste qui monte (rire). Sinon, euhm… Oserais-je dire Els Pynoo ou est-ce que j’ai trop peur de Danny Mommens? (Oh merde, je l’ai dit à voix haute). Non, je la trouve vraiment cool, elle semble sympathique et elle fait de la bonne musique. Mais en fait, ça me plairait pas trop de rester huit heures enfermé dans un ascenseur… et toi ?

Tu n’y échapperas pas. À toi pour le mot de la fin…
Il y a plusieurs personnes que je souhaite sincèrement remercier : Koen, Michelle, Jan, Kim, Nadine et Inge pour leur soutien indéfectible ! Beaucoup d’autres amis pour leurs commentaires honnêtes, leurs critiques constructives et leur bonne humeur ! Dimitri du Wool-e-shop, l’organisation du W-Festival et naturellement Luminous Dash pour l’intérêt que vous portez à ma musique !

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